Dernière mise à jour le 25 janvier 2026
Chaque année à la sortie de l’hiver, chars, costumes et confettis s’invitent dans les rues de Strasbourg pour la Grande Cavalcade. Le Carnaval de Strasbourg marque le retour des beaux jours et reste un moment à part dans le calendrier festif local. Une fête familiale, accessible, qui tente depuis plusieurs décennies de renouer avec une tradition profondément ancrée dans l’histoire rhénane.
En 2026, le rendez-vous est donné le dimanche 29 mars, avec un défilé et le retour du Village du Carnaval sur la place Gutenberg.
La Grande Cavalcade de Strasbourg
14h11. Comme le veut la tradition, le cortège s’élance dans les rues de Strasbourg pour plusieurs heures de déambulation festive. La Grande Cavalcade reste le temps fort du Carnaval strasbourgeois, celui qui clôt généralement la saison carnavalesque en Alsace.


L’ambiance est volontairement bon enfant. Des troupes costumées, des chars, des fanfares, quelques groupes venus d’Allemagne ou d’ailleurs, des confettis et des bonbons distribués aux enfants. Le parcours exact évolue d’une année sur l’autre, mais l’esprit reste le même. Un défilé pensé pour les familles, où l’on vient autant pour regarder que pour participer.
Le Carnaval de Strasbourg n’a pas l’ampleur de ses cousins d’outre-Rhin, mais il conserve cette volonté de faire vivre une tradition longtemps mise de côté. Et pour beaucoup de Strasbourgeois, c’est aussi l’une des rares occasions de ressortir un déguisement sans attendre Halloween.


Carnaval 2026 : date, horaires et programme
Le Carnaval de Strasbourg 2026 se tiendra le dimanche 29 mars, de 14h11 à 18h.
Le thème retenu cette année invite à l’imaginaire. Les animaux fantastiques et légendaires seront au cœur de l’édition 2026. Dragons, chimères, phénix, créatures hybrides ou marines, issus des mythologies et légendes du monde entier, composeront l’univers visuel du défilé.
La cavalcade est pensée comme un voyage narratif, suivant deux personnages, Louisa et Côme, qui traversent un monde peuplé de créatures fantastiques. Chaque compagnie ou groupe participant incarne une étape de ce parcours imaginaire.
Le village du Carnaval de retour place Gutenberg
Bonne nouvelle confirmée. Le Village du Carnaval revient place Gutenberg pour l’édition 2026. Il sera installé sur deux jours, le samedi 28 et le dimanche 29 mars, de 14h à 18h.
Ateliers participatifs, animations créatives, temps forts familiaux. Le village complète le défilé et permet de prolonger l’expérience, notamment pour les plus jeunes.
Accès et stationnement
Pour assister au carnaval de Strasbourg le dimanche, notez ces conseils pratiques : la circulation sera restreinte sur la route de Vienne de 9h à 18h, et dès 12h, attendez-vous à des fermetures des axes autour du parcours du défilé. Pour les cyclistes, la piste entre l’avenue du Rhin et le Pont d’Austerlitz sera également fermée.
Enfin, le stationnement sera interdit de 1h à 20h sur et autour du parcours. Prévoyez plutôt d’utiliser le tram (arrêt Étoile Bourse pour le départ du défilé et pour les ateliers) ou le vélo pour vous au rendre au carnaval.
La tradition du carnaval rhénan
En Allemagne, Carnaval est une institution. C’est la fête païenne la plus importante de l’année qui se tient depuis le Moyen-Âge. Chez nos voisins, il y a même plusieurs carnavals.
Le carnaval Rhénan est probablement le plus connu avec celui de Cologne, Düsseldorf ou Bâle. Il commence dès novembre, plus précisément le 11/11 à 11 heures 11, avec tous les préparatifs de cette grande fête qui se déroule en février. Le nombre 11 est symbolique : c’est le nombre fou, coincé entre les 10 commandements et les 12 apôtres. C’est aussi un “Schnapszahl” comme disent de façon poétique les allemands, ces nombres que l’on voit double comme après avoir bu trop de schnaps. Autre particularité du carnaval rhénan, il est libre. On en profite alors pour débattre sur la religion, la politique ou juger de façon humoristique les grands scandales qui agitent la ville.


Du côté du carnaval alémanique (fastnet ou fastnacht), les habitants des villes et villages du Bade-Wurtemberg et plus particulièrement ceux de la Forêt-Noire se travestissent et peuplent les rues de dieux et de démons, de bouffons et de sorcières. Les déguisements peuvent faire peur, surtout aux enfants.
Enfin, du côté de Munich, on célèbre le fasching, un carnaval bon enfant qui démarre dès le 7 janvier, lendemain de l’épiphanie, pour chasser l’hiver et faire venir le printemps avec des masques très colorés. Les festivités continuent jusqu’au mardi gras et sa traditionnelle danse des femmes du marché (Tanz der Marktweiber) qui débute à 11h sur la place du marché des victuailles (Viktualienmarkt).
Pourquoi carnaval n’est pas aussi populaire à Strasbourg ?
A Strasbourg, la tradition du carnaval a commencé à se perdre à l’époque du Reichsland. D’abord encouragée par les allemands, la fête sera finalement supprimée en 1902 car elle devenait un moyen de valorisation de la culture régionale et d’opposition à la germanisation. Puis se perdra totalement dans les aller-retour franco-allemands.
Après les périodes de guerre, le cœur n’est en effet pas trop à la fête. Germain Muller et sa bande du Barabli ont bien tenté de faire renaître cette tradition en 1956 mais la parade qui se termine par le procès satirique de Crocus Morus fait un flop. Les suivants seront jugés trop commerciaux. Dans les années 70, le carnaval des Wackes se veut populaire et engagé. Trop. Il sera interdit en 1978 suite à des débordements.

Le carnaval de Strasbourg essaie depuis les 1990 de se faire une place et de renouer avec la tradition des défilés si populaires outre-rhin. Je suis convaincu que Strasbourg peut se faire une place dans le paysage carnavalesque. Elle a bien su le faire avec le marché de Noël.
D’autant que nous avons, une fois n’est pas coutume, pas mal de gourmandises spécifiques en cette période de carnaval. Je pense aux beignets (ou scharwas) ou aux schenkele (ou cuisses madame) dont vous trouverez de délicieuses recettes chez mes amis de Bredele Alsace.




