Dernière mise à jour le 19 février 2026
En Alsace, la Suisse fait partie du décor. On parle des salaires des frontaliers, on traverse Bâle pour faire ses courses, on la traverse pour filer vers l’Italie. Mais on la choisit rarement comme destination de voyage. Et pourtant, à force d’y passer, je me suis rendu compte d’une chose simple : ce pays mérite qu’on s’y arrête vraiment. Pas pour travailler, pas pour transiter mais juste pour le plaisir.
Pourquoi la Suisse mérite qu’on s’y attarde
La Suisse concentre en quelques centaines de kilomètres une diversité rare en Europe. Des sommets alpins aux plaines verdoyantes, des lacs immenses aux villes élégantes, le changement de décor est permanent. Autour du Léman, la lumière sur l’eau est presque méditerranéenne. Dans les Alpes valaisannes, les reliefs imposent le silence.
L’hiver, ces mêmes montagnes deviennent un terrain de jeu prisé des skieurs. Je ne pratique pas, mais chaque saison, des amis alsaciens traversent la frontière pour rejoindre des stations réputées pour la qualité de leurs infrastructures et l’organisation impeccable des domaines skiables. À Bâle, le Rhin traverse une vieille ville vivante et culturelle. À Zurich, le lac s’étire au cœur d’une métropole à la fois économique et étonnamment apaisée.
Ce qui frappe aussi, c’est la sensation d’ordre et de sérénité. Les routes sont impeccables. Les trains arrivent à l’heure. Les espaces publics sont propres. Même en montagne, tout semble pensé pour que l’expérience reste fluide. Ce n’est pas spectaculaire au sens tapageur du terme. C’est précis, maîtrisé, rassurant. En 2024, la Suisse figurait d’ailleurs en 4e place des pays les plus sûrs d’Europe selon HelloSafe. Quand on voyage en couple ou en famille, ce détail compte.
Et puis il y a l’art de vivre. Les fromages, évidemment, avec la Tête de Moine que l’on déguste en fines rosettes, le Vacherin Fribourgeois, l’Appenzeller, l’Emmental ou le Gruyère. Une culture fromagère solide, même si, par loyauté régionale, je garde un faible pour le Comté. Les röstis, cette spécialité suisse que l’on connaît aussi en Franche-Comté (ah le souvenir de ceux de ma grand-mère…). Et le débat éternel revient toujours : chocolat suisse ou belge ? Il faut bien admettre que le niveau est élevé.
Comment visiter la Suisse sans la traverser
Si la Suisse mérite qu’on s’y arrête, encore faut-il choisir son rythme. Bonne nouvelle : le pays est assez compact (220 km du nord au sud et 348 km d’est en ouest), organisé et simple à parcourir. On peut l’explorer en train, en voiture… ou à vélo.
Pour celles et ceux qui souhaitent structurer leur séjour et relier les différentes régions sans improviser chaque étape, l’agence Rubis Voyages, basée en Suisse, accompagne les voyageurs dans la création d’un véritable road trip en Suisse. L’idée n’est pas seulement d’enchaîner les villes, mais de composer un itinéraire cohérent entre lacs, Alpes et centres culturels.
En train, la Suisse devient un spectacle
Le réseau ferroviaire suisse est l’un des plus efficaces d’Europe. Les correspondances sont fluides, les gares bien situées et les trajets deviennent parfois une attraction en soi. Longer le Léman, relier Zurich à Lucerne ou grimper vers les Alpes sans prendre le volant permet déjà de profiter pleinement des paysages. Mais la Suisse va plus loin avec ses trains panoramiques, devenus presque une expérience à part entière.

Le Glacier Express, souvent décrit comme le train le plus lent du monde, traverse les Alpes entre Zermatt et Saint-Moritz en franchissant tunnels, ponts et cols spectaculaires. À 36 km/h de moyenne, on a le temps de regarder. Le Bernina Express, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, relie les Grisons à l’Italie en passant par des viaducs vertigineux et des glaciers. Quant au GoldenPass Express, il relie Montreux à Interlaken en trois heures, entre lac Léman et sommets bernoises, sans changer de train.
En voiture, une expérience zen
J’ai roulé à plusieurs reprises en Suisse. La conduite est plus disciplinée qu’en France, les limitations sont respectées (120 km/h sur autoroute !) et la vignette autoroute est obligatoire (40 CHF, soit environ 42 euros). Les radars sont nombreux, mais cette rigueur crée une atmosphère apaisée. Les routes sont impeccables, la signalisation claire et les panoramas omniprésents. On roule moins vite, mais on regarde davantage.
En camping-car, une Suisse plus confidentielle
Mes amis de Péripléties ont exploré le Jura suisse en camping-car et m’ont rappelé à quel point le pays se prête bien au voyage itinérant. Entre les gorges du Pichoux, l’abbaye de Bellelay et les routes sinueuses du Jura bernois, la Suisse dévoile une facette plus confidentielle. Les infrastructures sont impeccables, les paysages variés et les haltes faciles à organiser. Il faut simplement anticiper les règles de stationnement et certains gabarits dans les zones étroites. Pour le reste, la précision suisse fait le travail.
À vélo, pour vraiment profiter des paysages
Et puis il y a le vélo. La Suisse est particulièrement bien équipée pour les mobilités douces. On ne traversera pas tout le pays sur deux roues, mais faire le tour d’un lac, comme celui de Neuchâtel (le tour fait 108 km sans grandes difficultés), offre une autre lecture du paysage. Les pistes sont balisées, les distances raisonnables et le décor change en permanence entre vignobles, villages et rives paisibles. C’est peut-être l’une des meilleures façons de comprendre ce pays : à hauteur d’homme.
Cinq idées pour découvrir la Suisse autrement
1. S’offrir une journée culturelle à Bâle
Pour nous, Alsaciens, Bâle est presque trop proche. On y va pour faire un plein, acheter quelque chose ou simplement traverser la frontière. Et pourtant, la ville mérite qu’on s’y attarde vraiment. J’y ai découvert une scène culturelle dense et accessible. Le Kunstmuseum impressionne par la richesse de ses collections. Le musée Jean Tinguely, plus ludique, surprend avec ses machines animées et son univers décalé. Et puis il y a le carnaval de Bâle, dont on entend parler chaque année. Une ville frontalière qui, le temps de quelques jours, devient totalement autre.

L’été, autre surprise : la baignade dans le Rhin. Là où l’on hésiterait à se jeter à l’eau à Strasbourg, les Bâlois descendent le fleuve en toute décontraction, sacs étanches à la main. C’est presque une institution locale. Cette relation apaisée au fleuve donne une autre image de la ville, plus vivante, plus libre. Même le zoo, installé en plein centre, participe à cette impression de ville bien pensée, à taille humaine.
2. Prendre le temps autour du lac Léman
Le Léman mérite plus qu’un simple passage. J’ai eu la chance d’y passer quelques jours en amoureux et c’est sans doute là que j’ai commencé à regarder la Suisse autrement. Dormir sur les hauteurs de Glion, à l’hôtel Victoria, avec cette vue plongeante sur le lac au petit matin avec les Alpes en arrière-plan. On comprend vite que le décor n’a rien d’anecdotique.

Descendre vers Montreux pour flâner le long des quais, s’arrêter face aux palmiers, assister au Montreux Comedy ou simplement marcher sans objectif précis. Ici, tout invite à ralentir. Plus loin, Martigny offre une autre respiration avec la Fondation Pierre Gianadda. Tomber nez à nez avec les sculptures colorées de Niki de Saint Phalle dans le parc, au pied des Alpes, crée un contraste saisissant entre art contemporain et paysage alpin.
3. Passer un week-end à Zurich
Zurich aussi réserve des surprises. Sur Voyageons.net, Alice avait raconté son week-end entre amies. Elle était partie avec l’image d’une capitale économique un peu froide, dominée par les banques et les boutiques de luxe. Elle en est revenue avec une autre vision.

Traverser le quartier de la gare, vaste, lumineux et animé, casse déjà les clichés. Se perdre ensuite dans les ruelles piétonnes de Niederdorf, s’arrêter devant les façades anciennes, pousser la porte d’un café ou d’une pâtisserie. Longer le lac (le Zürichsee), où l’on croise des joggeurs, des familles, des cygnes, puis prendre le train pour grimper à l’Uetliberg et observer la ville d’en haut. Là, on mesure la place de l’eau, des espaces verts, de la lumière.
4. Explorer la Suisse gourmande
La Suisse ne se résume pas à “fromage et chocolat”. Elle les met en scène. À Genève, on peut visiter la Maison du Chocolat Lindt et comprendre pourquoi le pays s’est imposé comme une référence mondiale. En décembre, la ville célèbre aussi l’Escalade. On casse alors une petite marmite en chocolat remplie de friandises et de légumes en pâte d’amandes, en souvenir d’un épisode historique de 1602. Une tradition gourmande qui mêle fête et mémoire.
À Gruyères, la cité médiévale vaut le détour à elle seule. On y déguste le fromage qui porte son nom ou une fondue dans un décor presque intemporel. Plus loin, les vignobles en terrasses de Lavaux, inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, rappellent que la Suisse produit aussi du vin. Un verre de chasselas face au Léman change la perspective.
La saucisse de Saint-Gall apporte une autre tonalité, plus carnée. À Bâle, les läckerli, petits pains d’épices aux amandes, miel et kirsch, sont presque familiers pour nous, Alsaciens. On les connaît. On les reconnaît. Mais ils participent à cette identité suisse multiple.
5. Monter en altitude, été comme hiver
Je ne skie pas mais chaque hiver, je vois des amis alsaciens prendre la direction des Alpes suisses. À moins de quatre heures de Strasbourg, ils trouvent de la neige, des domaines vastes et des infrastructures impeccables. Oui, le logement et les forfaits sont plus chers qu’ailleurs mais en échange, on profite d’un ski véritablement alpin, avec de belles pentes et des panoramas spectaculaires.

Certaines stations sont même accessibles directement en train depuis Strasbourg ou Bâle. Grindelwald-Wengen, au pied du glacier de l’Eiger, culmine à plus de 2 300 mètres et offre un décor impressionnant. Engelberg, plus sauvage, attire les amateurs de freeride et permet aussi une escapade rapide, parfois même à la journée. Il faut simplement penser à réserver son forfait à l’avance pour éviter les surcoûts.
L’été, ces mêmes montagnes changent de rythme. Les pistes deviennent sentiers, les sommets se parcourent à pied et les panoramas restent tout aussi saisissants. En hiver comme en été, la montagne suisse donne le sentiment que tout est maîtrisé, sans enlever la force du décor.
FAQ
Quelles sont les formalités pour voyager en Suisse ?
Pour un séjour touristique, les formalités sont simples. La Suisse fait partie de l’espace Schengen. Il n’y a donc pas de contrôle systématique aux frontières, même si des vérifications ponctuelles peuvent avoir lieu. Aucun visa n’est nécessaire pour les ressortissants français pour un court séjour.
Faut-il un passeport ou une carte d’identité pour aller en Suisse ?
Une carte nationale d’identité en cours de validité suffit pour les citoyens français. Le passeport n’est pas obligatoire, mais reste bien sûr accepté. Pensez simplement à vérifier la date de validité de votre document avant de partir.
Quelle est la meilleure période pour visiter la Suisse ?
La Suisse se visite toute l’année, mais l’expérience change selon la saison. De mai à octobre, les conditions sont idéales pour profiter des lacs, des villes et des randonnées en montagne. Les cols alpins sont généralement ouverts. De décembre à mars, la montagne prend le relais avec les sports d’hiver et les paysages enneigés. Les villes restent agréables, notamment en période de fêtes.
Quelle monnaie utilise-t-on en Suisse ?
La monnaie officielle est le franc suisse (CHF). 1 CHF = 1,10 €. L’euro est parfois accepté dans certaines zones touristiques ou proches de la frontière, mais le rendu se fait généralement en francs suisses. Il est donc préférable de payer en CHF, par carte bancaire ou en espèces, pour éviter un taux de change défavorable. Pensez également à vérifier les éventuels frais bancaires appliqués à l’étranger.


